Colloque sur le passage à la vie autonome des jeunes en difficulté

Jacques Hébert, professeur, École de travail social, Université du Québec à Montréal
Anne-Marie Beaulieu, conseillère, service régional de soutien et d’expertise en adaptation scolaire, Longueuil
Domenico Masciotra, agent de recherche, Université du Québec à Montréal
Mohamed Loutfi, étudiant à la maîtrise en sociologie, Université du Québec à Montréal 

Résumé

Cette recherche-action, prévue pour deux ans (automne 2008 – été 2010), présente des données préliminaires après une année d’expérimentation. Une vingtaine d’adolescents provenant de deux écoles secondaires de la Montérégie et présentant des troubles graves du comportement et/ou des problèmes de santé mentale ont participé à ce projet. Une approche multidisciplinaire, jumelant l’apprentissage d’un art martial traditionnel et l’animation d’un groupe de soutien en travail social, a été retenue pour tenter de les rejoindre.

Deux séances d’entraînement par semaine ont été prévues à raison d’une heure par séance. Au total, une quarantaine de séances sont offertes dans chaque école entre les mois d’octobre et juin. L’art martial utilisé est le karaté-do de style shotokan, il comporte des exercices physiques de contrôle de soi et un code moral qui prône l’adoption de valeurs et de conduites pacifiques pour trouver sa voie et vivre en harmonie avec soi et autrui. Cet art martial originaire de l’orient a été influencé par le bouddhisme, le zen, le taoïsme et le confucianisme. Ces philosophies ont mis de l’avant l’importance d’un développement corporel, moral et social pour être en harmonie avec soi-même et les autres. L’apport du travail social vient enrichir l’appropriation du code moral (recherche la perfection du caractère, sois loyal, surpasse-toi, respecte les autres et abstiens-toi de toute conduite violente) en privilégiant des discussions de groupe autour de ses principes et des animations s’appuyant sur des contes philosophiques (Fauliot, 1984). Les échanges informels, lors des arrivées et des départs, entre le professeur de karaté-do et les jeunes représentent également des moments privilégiés pour écouter, soutenir et valoriser ces derniers dans leur cheminement. Un journal dialogique permet d’établir une correspondance régulière entre le professeur de karaté-do et un élève afin suivre le cheminement de ce dernier.

Cette recherche vise principalement à améliorer la confiance en soi et la maîtrise de soi de jeunes âgés entre 13 et 18 ans. Ces deux conditions s’avèrent nécessaires pour favoriser l’apprentissage et la socialisation. Un cadre théorique et méthodologique, des facteurs favorables et défavorables à l’implantation du projet l’expérience ainsi que des recommandations seront présentés.

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